il y a quelques mois. Tel est son projet : constituer avec Mme Merkel, le petit directoire de l’Europe qui dominerait les 25 autres pays de l’Union pour servir, dans une compétition mortifère, le grand capital national de chacun des deux Etats dans le cadre de l’actuelle guerre monétaire, économique et sociale. Dans ce sens, c’est toujours les thèses de Mme Merkel qui s’imposent.

Sa théorie est devenue la « discipline ». Ce qui le conduit à réclamer une modification des traités européens. Quel aveu d’impuissance et d’échec pour celui qui s’était vanté d’avoir imposé ce texte ultralibéral ! Mais la modification du duo Merkel-Sarkozy constitue un changement négatif pour imposer l’austérité à perpétuité aux populations, afin de favoriser encore et toujours la rentabilité et l’accumulation du capital entre quelques mains. Pour y parvenir est envisagé, comme cela figure noir sur blanc dans le « Pacte Euro plus » (Le Pacte des rapaces), de court-circuiter les Parlements nationaux et de traduire les pays contrevenants aux règles budgétaires, décidées, contrôlées par la Commission de Bruxelles, devant la Cour de justice européenne. Ainsi, l’austérité serait constitutionnalisée. C’est donc une forme de dictature qui s’installerait si M. Sarkozy était réélu. Il faut briser le corset, le carcan à venir. Nous appelons à refuser cette police politique et économique européenne contre la souveraineté populaire et le droit des peuples à maîtriser leur vie.

Voilà pourquoi chasser M. Sarkozy du pouvoir est une œuvre d’intérêt général, un acte de salubrité publique. Mais quels changements si nécessaires dans la vie quotidienne de nos concitoyens pourrait-on espérer s’il s’agissait de poursuivre avec l’austérité? La Grèce, l’Espagne, l’Italie apportent la réponse, terrible pour les gens, terrible pour la gauche tout entière. Les électeurs et les électrices de gauche et de l’écologie politique, ne peuvent se résigner à ce qu’’un pouvoir qu’ils auront contribué à mettre en place, applique, à sa façon, une autre version de l’austérité, sous la pression des marchés financiers et des institutions européennes. Or, le risque existe si F. Hollande laisse enfermer les choix à opérer dans la logique du traité de Lisbonne dont on voit mieux aujourd’hui qu’il se révèle être une machine de guerre contre les travailleurs, contre nos atouts industriels et agricoles, les services publics, la protection sociale. Les marchés financiers s’appuient sur ce traité pour que continue d’être interdit à la Banque centrale européenne de racheter tout ou partie de la dette directement aux Etats ou d’octroyer des crédits progressifs en fonction de la création d’emplois. Ils s’engraissent et spéculent grâce à cette interdiction. Pour la gauche, faire sauter ce verrou devrait-être une priorité, qu’on ait ou non rejeté le traité de Lisbonne. Pour la gauche, la priorité ne peut pas être la seule « responsabilité dans la gestion »… ou de « donner du sens à la rigueur », comme le répète le candidat socialiste. Face aux rapaces de la finance internationale, une gauche conséquente doit choisir les travailleurs, le peuple. Celui des usines et des champs. Celui des écoles et des laboratoires. Celui de la production et de la création. Celui de celles et ceux qui n’en peuvent plus de la pauvreté, de la précarité et du chômage. Celles et ceux qui ne supportent plus cet avenir incertain. Cet avenir menacé pendant que les détenteurs de capitaux sont sécurisés.

L’enjeu est de taille. Parce que les réponses ne sont pas simples dans cette crise. Il est indispensable que nos concitoyens se saisissent de toutes ces questions qui conditionnent leur avenir, dans une démarche ouverte, unitaire et rassembleuse. Il s’agit pour la gauche de transformation sociale et écologique, de gagner en juin et de réussir ensuite face à des marchés financiers, un MEDEF, une droite, une extrême-droite qui seront toujours là et que seule la mobilisation populaire pourra contraindre à respecter un verdict des urnes d’autant plus efficace qu’il sera clair. Le Front de gauche, avec son candidat Jean-Luc Mélenchon, ne souhaite pas rester la seule force anti-austérité qui propose une répartition nouvelle des richesses et une nouvelle manière de les produire, respectueuse des hommes et de la nature. Il se met à la disposition de la majorité de nos concitoyens, qui, aujourd’hui ; sont déterminés à chasser M. Sarkozy du pouvoir pour construire avec eux un rassemblement majoritaire pour faire reculer l’austérité, le chômage, la pauvreté, sortir de la crise et changer l’Europe. La montée entamée du score de Jean-Luc Mélenchon est déjà un élément du rapport de forces qui commence à se constituer. Il convient de l’amplifier partout désormais, sans se laisser détourner ni d’un hypothétique vote utile, ni de l’unité nécessaire à construire pour changer vraiment.

Tout cela se joue sans attendre dans des débats ouverts, dans l’action et le vote.