Une étude commandée par les sénateurs PS montre le malaise des territoires. En cas de victoire, la gauche abrogera-t-elle cette réforme ?

C’est en s’appuyant sur cette étude qui montre « le malaise des territoires » que Jean-Pierre Bel veut mener la campagne électorale des sénatoriales en septembre, « l’alternance » étant pour lui jugée « possible ». Voulant « mieux servir les territoires et défendre les services publics », il ne va cependant pas jusqu’à annoncer qu’en cas de victoire de la gauche en 2012, cette réforme serait abrogée.

Si Marie-Christine Blandin (EELV) fustige « la violence des politiques contre les collectivités locales », Nicole Borvo Cohen-Seat le dit tout net : « En cas de victoire, la gauche devra revenir complètement sur cette réforme. » À l’applaudimètre, cette idée est partagée au-delà des seuls sénateurs communistes et du Parti de gauche. Évoquant les conditions d’une victoire de la gauche aux sénatoriales en septembre, la sénatrice affirme que, dans « le cadre de la constitution de listes d’union, la diversité, et notamment la représentativité de notre sensibilité, doit être respectée ». Car! Les élus locaux sont toujours en froid avec la réforme des collectivités territoriales, quelques mois après son adoption au forceps par la majorité présidentielle au Parlement. Le président du groupe (PS) au Sénat, Jean-Pierre Bel, entouré de ses alliés de gauche, Nicole Borvo Cohen-Seat (PCF) et Marie-Christine Blandin (Europe Écologie-les Verts), présentait, mardi dernier, au Sénat, les résultats d’une enquête menée auprès de 500 élus de toutes les familles politiques, que son groupe avait commanditée à l’institut Harris sur les conséquences de la réforme territoriale.

Les chiffres sont sans appel. Cette réforme ne passe pas chez les élus. 77 % de ceux-ci ont le sentiment de ne pas avoir été suffisamment consultés. Les arguments qui avaient été avancés contre cette réforme font un tabac. 76 % pensent que cette réforme « fragilise la situation financière des collectivités » ; 74 %, que cela « va réduire les possibilités de financement des communes » ; 62 %, que cela « va conduire à transférer au privé une part de l’investissement public » et 57 %, que cela « remet en cause la décentralisation ».

Par contre, les arguments positifs avancés par l’État ne font pas recette. Si 50 % des élus pensent cela « va clarifier les compétences de chaque échelon », 30 % seulement pensent que cela « va permettre de réduire les déficits publics », 30 % de même que cela « va améliorer le service public », et enfin 25 %, que cela « va renforcer la démocratie locale », 74 % pensant le contraire. Et l’étude de conclure que cette réforme n’est jugée « ni efficace » pour 57 % des élus, « ni juste » pour 59 %, « ni claire » pour 63 % d’entre eux.

Max Staat journal l'Humanité