Le projet de loi « Hôpital Patient Santé Territoires » (HPST) a fait descendre dans la rue des milliers de professionnels de la santé attachés aux hôpitaux publics.

Nous soutenons le formidable mouvement d’unité qui, des médecins-chefs-de-Service aux infirmiers et personnels aides-soignants refusent de soumettre leurs institutions aux exigences de rentabilité immédiate pratiquées dans les entreprises privées productrices de profits.

Non, la santé n’est pas une marchandise, l’hôpital public n’est pas une entreprise privée dans laquelle les stratégies financières commandent tous les actes, régissent l’organisation des services, orientent les priorités.

Le service public de santé est régi en priorité par d’autres principes, inspirés d’abord par l’intérêt des patients. La composition et la stabilité des équipes soignantes, la qualification des personnels qui les constituent à tous les niveaux jusqu’aux plus élevés, la définition des programmes de recherche et l’attribution des moyens qui leur sont nécessaires doivent partir de ces exigences. Le projet de loi HPST est incompatible avec celles-ci.
Depuis longtemps, nous dénonçons les pressions actuelles, aggravées à l’heure de la crise du système capitaliste, qui visent à la normalisation des modes de gestion et à la compression des moyens mis à la disposition des hôpitaux et donc des malades, ainsi qu’à des opérations territoriales menaçantes pour la médecine de proximité.
Des situations intolérables sont apparues dans notre Région, à Gisors, Eu, Vernon, Evreux, au Havre … qui ont conduit à de fortes mobilisations locales au cours des derniers mois.
Dans le même temps, dans la quasi totalité des établissements hospitaliers, l’ exigence exclusivement comptable, et d’inspiration technocratique du « retour à l’équilibre » a conduit à des compressions de personnels et à des suppressions d’emplois menaçantes pour la qualité des soins, les conditions de vie des malades et le travail des personnels.

Dans ces situations, les élus communistes, notamment dans les responsabilités qu’ils ont reçues, ont apporté leur soutien aux luttes entreprises et refusé de cautionner des mesures imposées localement par la politique gouvernementale.
Aujourd’hui, les effets de la Loi Bachelot, si elle est votée, risquent d’amplifier encore ces difficultés et de les pérenniser, ils estiment nécessaire d’exprimer avec une force accrue le refus de ces orientations. Le projet Bachelot doit être abandonné. La réforme des hôpitaux doit reposer sur de nouvelles bases, démocratiquement élaborée. Dès maintenant, les hôpitaux doivent disposer de tous les moyens humains et matériels qui leur sont nécessaires.
Dans ce but, les élus communistes appellent au renforcement de l’action entreprise et à chercher, en fonction des circonstances locales, à rassembler, tous les acteurs de la vie hospitalière par des actes significatifs d’opposition à la politique hospitalière du gouvernement.
Ils apportent leur soutien aux initiatives des organisations syndicales de salariés, de médecins et du mouvement de défense de l’hôpital public dans le cadre de leur nouvelle journée de mobilisation, jeudi 14 mai, contre le projet de loi HPST en discussion au Sénat.

C LAINE Président du groupe Communiste du CRHN
Jean-Louis JEGADEN Président du groupe Communiste du CG 76
Marcel LARMANOU Président du groupe Communiste du CG 27
Christian JUTEL Vice-président du CRHN en charge des questions de santé