Et puis à propos de l’offre de soin hospitalière justement, dans notre région Haute-Normandie n’est-il pas suspect de voir nos hôpitaux de proximité mis dans le collimateur (Dieppe, Fécamp, Lillebonne, Pont-Audemer, Gisors et Bernay lit-on dans la presse, rien que cela !) - sous le faux prétexte d’une mauvaise gestion des moyens mis à disposition - alors que dans le même temps l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (sous l’autorité de l’Etat) a autorisé ces dernières années la création (regroupements) de cliniques privées (avec soutien des finances publiques), à Rouen, au Havre et à Evreux ? Cliniques qui rappelons-le n’ont pas à assurer, comme l’hôpital public, les missions de service public telles les urgences.
Nicolas Sarkozy lance une offensive à double détente : il réserve la médecine aux riches, et livre, au détriment du public, les secteurs rentables aux cliniques privées. Ce dont l'hôpital public a besoin, c'est de personnels, de moyens et de mises en réseau qui garantissent l'égal accès pour tous à des soins de qualité.
Il ne s’agit pas de nier la nécessité d’une réforme de notre système de soins y compris hospitalier, bien au contraire, mais le postulat de départ ne peut être le seul aspect comptable du problème, et particulièrement dans notre région où la démographie médicale (nombre de médecins et professionnels de santé par habitant) est l’une des plus faibles de France. C’est pourquoi les solutions ne peuvent, ne doivent pas venir d’en haut, mais bien d’une concertation réelle avec tous les intéressés.
Ce débat, cette concertation sur les choix à faire en ce qui concerne notre santé, nous pouvons les imposer. Nous avons l’exemple de cette prise en charge citoyenne avec ce qui s’est passé en 2007 autour de l’hôpital de Gisors. Ensemble, les usagers, les médecins, les personnels, les élus, ont réussi à contrecarrer les plans décidés en « haut-lieu » qui visaient à supprimer la chirurgie et la maternité. Des solutions ont été trouvées, l’activité et le rayonnement de cet hôpital public sont aujourd’hui en progression.
Devant tous ces mauvais nuages qui se profilent à l’horizon sur notre système de soins, j’en appelle donc à tous les citoyens qui se préoccupent de cette question, à commencer par les usagers, les professionnels et personnels de santé, leurs représentants syndicaux, les élus qui, en milieu rural comme urbain, constatent les carences qui s’aggravent en matière d’offres de soins sur leur territoire… Oui, ensemble mobilisons-nous d’urgence, rencontrons-nous, concertons-nous sur des propositions concrètes que nous pourrions faire aboutir ensemble dans l’intérêt de tous. Pour aider à cela je suis à votre disposition. »
Evreux le 21 avril 2008

pour le groupe communiste du Conseil Régional de Haute-Normandie

Christian JUTEL,
Vice-Président en charge des questions de santé